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Vade-mecum pour la rédaction d’une bonne copie de concours

Pierre

Publié par Pierre

 

Dans un concours, il y a un sujet. Il faut le lire avec précision. Le décortiquer. Une technique que je montre à mes élèves pour ce faire est la technique de l’arborescence. Elle est très efficace.

Une fois le sujet mis à plat, on peut commencer à réfléchir sur la manière de le traiter.

Il faut bien réaliser qu’une telle rédaction est un exercice normé qui obéit à des règles bien précises. Ne pas les suivre est d’emblée un aveu de faiblesse pour votre copie. Une faiblesse qui sera sanctionnée par le correcteur.

Bien sûr, certaines personnes très douées arriveront à sortir du lot en s’affranchissant de ces impératifs rédactionnels. Mais c’est l’arbre qui cache la forêt.

Dans l’ensemble il est plus « rémunérateur » de se plier à des règles, même si cela est contraignant. Et de réserver son originalité pour le fruit de sa réflexion sur le sujet proposé.

Si les diverses étapes de votre introduction permettent malgré tout une certaine originalité (I), il ne faut pas sous-estimer la partie rédigée au fil de la plume de votre copie (II).

I     Une introduction normée (A) avec un soupçon d’originalité (B)

 

A)    L’introduction de votre copie est la partie la plus lue et la plus décortiquée

par votre correcteur. Elle obéit à un certain nombre de normes.

Elle doit être tout d’abord entièrement rédigée au brouillon et recopiée telle quelle sur votre copie.

Ensuite son déroulé devra observer divers impératifs :

·        Proposer une entrée en matière appropriée au sujet demandé (la commande). Cette remarque ne va pas de soi. Certaines copies, pour utiliser des galops d’essai préalables, cherchent parfois à répéter des formules déjà vues

·        Bien prendre en compte la dimension du sujet

·        Bien définir le problème posé

·        Rassembler le sujet en une idée générale

·        Annoncer le plan

 

Mais qui dit normes ne dit pas forcément banalités.

 

B)    Car il est possible d’être original dans un canevas rédactionnel contraint

 

+ Par exemple l’entrée en matière peut être de diverses sortes.

Ainsi une anecdote, une statistique, une citation (appropriée) si possible entre guillemets d’un auteur connu ou simplement la reformulation du sujet sous un autre angle. Ou aussi une nouvelle (storytelling brève) qui prend le lecteur à partie et l’implique d’emblée dans votre texte.

Même si vous ne faites pas une prouesse dans votre entrée en matière, essayez d’éviter les poncifs du genre : « la Santé en France n’a pas de prix, mais elle a un coût ». C‘était là un sujet de questions sociales à l’ENA il y a quelques années. Cela avait été vu en prépa et il y a eu 50 copies qui ont commencé pareil. Dur, dur !!

En règle générale demandez -vous : Est-ce que, ce que j’écris peut-être écrit par un ou plusieurs autres candidats ? Si c’est oui, cherchez autre chose à écrire pour vous démarquer.

+ Prendre en compte la dimension du sujet et définir le problème posé sont un impératif

L’idée est de prendre le temps de bien comprendre le sujet, mot à mot et de voir comment ces mots s’ajustent les uns avec les autres pour faire un sens.

Par exemple : « condition de la femme et progrès social » (ENM récent)

Ce sujet doit s’analyser avec des éléments de logique mathématique. Il ne faut pas parler de condition de la femme dans une première partie et de progrès social dans une seconde. Car ainsi on fait fausse route. Il faut rechercher ce qui est à l’intersection des 2 thèmes. Un A inter B. Ensemble A intersection ensemble B.

C’est dans cet exemple, la condition nécessaire et aussi suffisante pour faire une copie dont on a compris le sujet.

+ Rassembler le sujet en une idée générale est le prélude à l’annonce du plan

Plus cette idée générale sera précise dans l’esprit du candidat, plus le détail du plan sera facile à exposer, comme allant de soi.

Une méthode très puissante pour trouver un plan, une fois le sujet compris, est la série de questions : qui, quoi, comment, pourquoi, où et quand ?

Série de questions avec lesquelles on interroge le sujet. Cela est particulièrement utile dans les épreuves avec un sujet court.

 

Nous voyons cela en détail mes élèves et moi dans nos séances de formation.

 

Par exemple, pour une annale récente de l’ENA : « la déontologie du fonctionnaire » (question contemporaine), on pouvait faire un questionnement rapide :

 

·        Une déontologie pourquoi ?

·        Une déontologie comment ?

·        Une déontologie où ?

·        Une déontologie quand ?

 

On voyait ainsi apparaitre un ensemble de 4 parties qu’on pouvait rassembler 2 par 2 : les raisons de la nécessité et le contenu de la déontologie du fonctionnaire. Ensuite une approche géographique et historique de cette déontologie.

On pouvait traiter les thèmes en les assemblant de diverses manières. Avec un peu de dextérité rédactionnelle, on pouvait faire une copie intéressante où rien n’aurait été oublié.

En 2 coups de cuiller à pot, on avait un plan qui tenait la route.

Ainsi une bonne introduction est une condition nécessaire à une bonne note. Mais elle n’est toutefois pas suffisante. Elle doit être complétée par une rédaction réussie du texte de la note.

 

II   Les étapes d’une rédaction réussie : des impératifs incontournables

 

Ces impératifs s’analysent sur la forme (B) et sur le fond (A).

A)    Des impératifs dont le fond est calibré depuis très longtemps

Ces impératifs de fond ont une existence très ancienne. Ils existaient déjà par exemple quand j’étais élève à HEC Paris.

Même si bien entendu cela me donne un coup de vieux, cela me réjouit de constater que le savoir-faire acquis à cette époque est encore pertinent pour des générations plus jeunes qui se préparent aux concours.

Sur le fond, plusieurs grands principes :

·        Être original mais pas trop

·        Ne pas avoir peur d’avoir une opinion personnelle

·        Savoir rester sobre dans sa rédaction

 

+ Pour ce qui est de la sobriété, l’expérience m’a montré que plus le niveau du concours est difficile, plus la qualité rédactionnelle des candidats laisse à désirer.

Par exemple, dans certaines meilleures copies de l’ENA, on assiste à une débauche « ad nauseam » de phrases avec des « qui » et des « que » qui s’imbriquent les uns dans les autres. On n’y comprend plus rien et on perd le fil. Où est passé le sujet du propos ? Mystère…

N'est pas Marcel Proust qui veut. Lui qui faisait des phrases dont une seule tenait une page entière dans la collection de La Pléiade.

 

+ Pour ce qui est de l’opinion personnelle, il faut bien admettre que celle-ci est souvent indigente dans les copies.

Les propos du candidat se retranchent souvent derrière une citation plus ou moins appropriée d’un auteur pas toujours forcément connu du correcteur d’ailleurs.

Le candidat dira par exemple : selon Voltaire, etc. Ou Rousseau dit que. Montesquieu pense que. Et ainsi de suite. Mais le correcteur aura envie de dire : « et vous, que pensez-vous ?

 

+ Pour ce qui d’être original, la pierre d’achoppement est souvent la faible qualité des propositions dans la note sur dossier.

Beaucoup d’entre elles sont au ras des pâquerettes, sinon irréalistes et souvent ne sont même pas chiffrées.

Par exemple, il est de bon ton de proposer « un comité de pilotage » pour tout et n’importe quoi. Alors même que cette proposition est la tarte à la crème dans les copies. Elle n’est pas originale et 9 fois sur 10 elle n’est même pas chiffrée, alors qu’elle a un coût.

 

B)    Des impératifs dont le respect de la forme fait la différence.

 

Sur la forme, plusieurs grands principes :

·        Savoir rester dans une certaine mesure

·        Prendre conscience qu’affirmer n’est pas démontrer

·        Illustrer chaque affirmation par un exemple

 

+ Rester dans une certaine mesure est bien sûr recommandé dans une copie de concours, surtout administratif.

Le « balancement circonspect » enseigné à Sciences Po Paris pendant longtemps a montré ses limites.

Néanmoins, il ne faut pas confondre le politiquement correct avec la vacuité de sa réflexion.

A un candidat, on demandera de faire un effort de réflexion sans sombrer bien sûr dans la polémique ou pire encore, l’extravagance du propos.

 

+ Affirmer n’est pas démontrer. C’est une vérité qui échappe à beaucoup de candidats.

Le correcteur sera friand de percevoir le déroulé de la pensée du candidat.

Une affirmation trop péremptoire qui arrive comme un cheveu sur la soupe risque de contrarier le lecteur de la copie.

 

Une astuce pour faire valoir son opinion est d’utiliser les connecteurs logiques (voir ces mots sur Google). Ils fluidifient la pensée et rendent le propos accessible sans susciter de polémique.

 

+ Illustrer avec un exemple est une idée à creuser

C’est là, l’application de la vieille règle de rhétorique depuis Cicéron, bien connue des avocats.

Aller du général (l’affirmation) au particulier(l’exemple) ou l’inverse.

L’idée est bien sûr d’avoir dans sa manche un exemple approprié à la teneur de l’affirmation et non pas un élément plaqué sur cette dernière au prix d’une acrobatie rédactionnelle.

 

 

                                                            ***

 

Il y aurait bien sûr beaucoup à ajouter à cette contribution. Nous voyons davantage en séance de formation.

Mon objectif premier étant votre réussite à votre concours. Votre succès étant ma plus belle récompense.

Si vous le souhaitez, sentez-vous libre de prendre contact avec moi pour vous préparer à votre concours. Nous prendrons le temps de calibrer une formation adaptée à vos besoins. Une formation où tout ce qui vous sera utile sera passé en revue.
En espérant à bientôt.  A votre succès !!

Bien à vous.

Pierre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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