Les émotions: un petit pas vers l'autre, un grand pas vers moi et les apprentissages!

Noëlie

Publié par Noëlie

Quoi de plus naturel que nos émotions? :)

Pour certaines la question "Comment ça va?" relève d'une politesse jugée parfois hypocrite, tandis que pour d'autres elle est l'occasion idéale pour exprimer leur état émotionnel en toute authenticité...

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Selon moi, il est très important en début de séance de prendre un court temps d'écoute (3 minutes environ) afin que le lien s'établisse. L'enfant me décrit son émotion du moment, ou bien un épisode marquant de sa journée. Nous manipulons des petits galets sur lesquels j'ai dessiné des visages exprimant six émotions fondamentales: joie, tristesse, colère, peur, surprise et dégoût.

L'enfant garde avec lui ou elle une liste des émotions que nous complétons au fil du temps afin de lui permettre d'enrichir son vocabulaire. Par exemple, si le galet sélectionné est la joie, je lui propose d'identifier si il ou elle se sent plutôt de bonne humeur, excitée, motivée, pleine de gratitude etc.

Il me semble important que les enfants acquièrent dès le plus jeune âge un vocabulaire riche pour exprimer leurs émotions. Cela, afin que leurs interlocuteurtrices prennent la mesure de l'émotion qu'ils traversent. Par exemple "Je me sens fatiguée." est différent de "Je me sens épuisée."... Une fois que l'émotion est ciblée, je leur propose parfois d'aller voir quel besoin est nourri ou pas : besoin de contribuer, besoin de clarté, besoin de jeu, besoin de mouvement etc. 

Aider l'enfant à se connecter à ses émotions et ses besoins est une manière de le rendre plus autonome dans l'organisation de son travail et dans l'adaptation du rythme de sa journée. Ainsi, au retour de l'école, l'enfant qui ressent une tension pourra nourrir son besoin de défoulement en allant courir, ou jouer à l'extérieur avant de se mettre au travail.

Par ailleurs, connaitre l'émotion de l'enfant au début de la séance me permet d'adapter le rythme et les modalités de travail : un enfant fatigué ou démotivé appréciera de travailler en jouant et en manipulant par exemple. Si, au contraire, l'enfant se sent en pleine forme, j'en profiterai pour lui en demander un peu plus que d'habitude !

Ce temps me semble d'autant plus important qu'en tant que professeure des écoles, je mesure à quel point l'enseignement à une classe entière est peu propice à ces temps individuels d'échanges en profondeur...! A la fin d'une journée de classe, il est plus facile pour l'enfant de dire quelles matières ont été travaillées plutôt que les émotions (parfois intenses!) par lesquelles il ou elle est passée. 

Enfin, un enfant qui se sent pris en compte, à qui on demande avant le traditionnel "Qu'est-ce que tu as fait aujourd'hui à l'école ?" un "Comment t'es-tu senti·e aujourd'hui ?", sera plus détendue et d'accord pour coopérer afin de travailler encore. Car il ou elle a souvent un grand besoin d'écoute après avoir passé plusieurs heures à se concentrer sur le discours d'autrui et à avoir fait le travail qui lui était demandé. L'enfant a parfois besoin qu'on valide et qu'on reconnaisse certaines émotions sans chercher à les minimiser, à moraliser... 

Et si tout commençait par regarder en soi ?

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Noëlie

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